• La musique, un merveilleux outil de guérison ?

    Si un thème engendre de nombreuses recherches scientifiques, c’est bien la musicothérapie, à ne pas confondre avec la musicologie. La première citée place la relation intersubjective consciente et inconsciente, au cœur du processus thérapeutique à travers une démarche de soin qui utilise un support (non verbal) sonore pour maintenir et/ou aider à rétablir la santé psychique et physique d’une personne. La seconde est « une discipline qui étudie les phénomènes en relation avec la musique, dans leur essence, leur évolution et dans leur rapport avec l’être humain et la société, domaines plus particulièrement abordés par l’ethnomusicologie et la sociologie de la musique » (source wikipédia). Néanmoins les expériences neuroscientifiques posent la question suivante : Quelle est l’influence réelle de la musique sur les comportements avec et sans texte ?

     

    La musique avec textes, attention !

    D’après les chercheurs, si on connaît les bienfaits de la musique sur les comportements, le texte intervient également, positivement ou négativement. Nicolas GUEGUEN (Directeur du laboratoire d’ergonomie des systèmes, traitement de l’information et comportement (LESTIC) à Vannes) relatait récemment dans une revue scientifique des expériences de psychologie originales : Par exemple, 53 % des auditeurs du titre Help des Beatles (Help = verbe aider en Français) donnèrent de l’argent à une association caritative (T. Greitemeyer, Journal of Experimental Social Psychology, 2009). Plus étonnant, c’est le lien entre la musique et la violence des textes à caractères misogynes. Ainsi, Nicolas GUEGUEN souligne l’expérience de Peter FISHER (Université de Munich) qui « a exposé des hommes et des femmes à de la musique aux textes misogynes. Ensuite, il leur a demandé de faire goûter une sauce plus ou moins épicée à une autre personne. Résultat, seuls les hommes exposés aux textes empreints de misogynie ont mitonné une sauce bien plus « hot » quand celle-ci était dégustée par des femmes plutôt que par des hommes » (sources : Cerveau& Psycho-Avril 2016). Inversement, lorsque les textes parlent d’amour, de bonheur, de solidarité ou de paix, on constate une influence inconsciente positive sur le comportement. Dernier exemple de psychologie sur l’importance du registre verbal utilisé dans les chansons, celui de Céline JACOB (université de Bretagne) avec pour cadre les bars ! Dans un café où les habitués restent un petit quart d’heure d’habitude, elle a noté avec stupéfaction que ces mêmes clients restaient plus longtemps, « à cause » des chansons Françaises diffusées dans l’établissement ayant trait avec la boisson, du type « Boire un petit coup c’est agréable » (Les CHARLOTS), « Viens boire un petit coup à la maison » (LICENCE IV), ou encore le célèbre « Ah ! Le petit vin blanc » écrit en 1943 sous forme de valse musette (Lina MARGY) ! Dans un registre différent invitant au sommeil, comment ne pas évoquer la douceur des chansons à textes qui ont bercé notre enfance avant le passage du marchand de sable, telles « Une chanson douce » d’Henri SALVADOR ou la célèbre berceuse enfantine du XVIIIe siècle « Fais dodo Colas mon p’tit frère ». Le plus étonnant est que les ingrédients changent dans le texte suivant la région de France dans laquelle on vit : Ainsi on trouve le mot nougat dans le sud (confiserie typique des pays du bassin méditerranéen) au lieu de chocolat dans le texte original, et d’autres fois des bateaux : « Papa est en haut qui fait des bateaux pour le p’tit Pierrot qui fait son dodo… » dans les régions maritimes.

     

    La musique sans parole

    D’Edgar CAYCE aux physiciens, des musicologues aux neuroscientifiques, des mathématiciens aux anthropologues, tous se penchent sur les bénéfices et les bienfaits de la musique qui favorise le raisonnement, la quiétude, la relaxation, la concentration, la créativité… Qu’elle soit active lorsque vous jouez d’un instrument ou réceptive lorsque vous écoutez une mélodie, la musique est de plus en plus utilisée avec succès contre les troubles du comportement, les troubles du sommeil, l’anxiété, la dépression, les douleurs chroniques, l’autisme… Les neurosciences continuent d’explorer les multiples facettes thérapeutiques du son, capables non seulement de façonner les émotions, mais également capables de se révéler une solution alternative aux médicaments. En son temps, le plus grand médium et guérisseur américain Edgar CAYCE, a soulagé des milliers de personnes à travers ses prescriptions qui reposaient bien souvent sur la musique, tout en mettant en garde ses « patients » contre certains sons contreproductifs qui devaient être employées avec discernement, à l’instar des médicaments.

    Aujourd’hui, la musicothérapie n’est plus considérée comme une invention made in « New Age ». Les neurosciences ont énormément contribué à son essor en découvrant que la musique stimulerait (aussi) le fonctionnement cérébral. Priscilia CHEVREAU (neuropsychologue et doctorante au Laboratoire de psychologie des Pays de la Loire), Mohamad EL HAJ (attaché d’enseignement et de recherche au Laboratoire de neurosciences fonctionnelles et pathologies à l’Université de Lille) et Philippe ALLAIN (psychologue au chu d’Angers et professeur de neuropsychologie au Laboratoire de psychologie des Pays de la Loire) ont co-écrit un article remarquable sur la musique et la maladie d’Alzheimer. Elle permettrait aux patients atteints de cette maladie de mieux récupérer leurs souvenirs en mémoire autobiographique. Ainsi, « Les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer se rappellent mieux et plus rapidement les événements passés de leur vie quand elles écoutent une musique qu’elles ont choisie. Le rappel des souvenirs en musique pourrait faire intervenir un réseau cérébral distinct de celui mis en oeuvre sans musique », facilitant un retour de ceux-ci pour ces personnes qui les croyaient oubliés à jamais. C’est pourquoi il ne faut surtout pas négliger son utilisation dans les EHPAD (établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes) car elle apporte dans ces institutions une meilleure qualité de vie et de bien-être. Les chercheurs susnommés soulignent également l’utilisation thérapeutique musicale appelée Melodic intonation therapy utilisée pour les personnes victimes d’un AVC ayant perdu l’usage de la parole. En s’appuyant sur le rythme et la mélodie de la musique, ces patients aphasiques ont retrouvé l’usage de la parole. Les exemples positifs sont nombreux car on sait désormais scientifiquement que la musique permet de contourner des difficultés en s’appuyant sur les émotions. Il conviendrait de l’utiliser dans de nombreux secteurs (crèches, écoles, arts martiaux, bibliothèques, prisons, cabinets médicaux, dentistes…) mais surtout il serait sage de faire comprendre le bien-fondé de son utilisation dans la prise en charge des patients atteints de maladies neurodégénératives.

    La musique a de beaux jours devant elle et peut se révéler comme la GRANDE découverte de ces prochaines années au niveau neuroscientifique. Ce merveilleux outil de guérison nous rappelle que notre cerveau n’a pas encore révélé tous ses secrets. Platon avait raison de la comparer à une grande puissance : « Si tu veux contrôler le peuple, commence par contrôler sa musique ».
    Elle donne une âme à nos coeurs et des ailes à la pensée. Romain ROLLAND disait que si la musique nous est si chère, c’est qu’elle est la parole la plus profonde de l’âme, le cri harmonieux de sa joie et de sa douleur.

     

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