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La radiesthésie : science ou charlatanisme ?

La radiesthésie : science ou charlatanisme ?

Si on devait choisir un thème qui fait débat, la radiesthésie retiendrait notre attention, tant ce sujet à controverse reste dans l’impasse. Pour certains, ce procédé divinatoire repose sur une croyance engendrée par la sensibilité des êtres vivants à certaines radiations émises par un tiers (minéral, végétal, animal, humain, substances chimiques…). Pour d’autres, les mouvements d’un pendule ou d’une baguette seraient engendrés par « un phénomène psychologique où un sujet exécute des mouvements musculaires inconscients » appelé effet idéomoteur… Les spéculations vont bon train et il est difficile de se retrouver dans ce capharnaüm. Du côté de la science, des études rigoureuses menées (entre autres) à l’université de Munich ou Kassel, n’ont nullement prouvé l’efficacité de la radiesthésie. Les essais scientifiques de Michael Faraday (physicien), Eugène Chevreul (chimiste) et de William James et Ray Hyman (psychologues) ont démontré que la majorité des phénomènes dits paranormaux (énergies spirituelles, forces mystérieuses…) peuvent être dus à l’effet idéomoteur, à l’insu du plein gré des « personnes honnêtes et intelligentes dont les suggestions peuvent influencer le comportement ».

 

Le mot « radiesthésie » (du latin radius, « rayon » et du grec aisthêsis, « sensibilité ») fut inventé par les abbés Bouly et Bayard. Les accessoires les plus utilisés sont le pendule, différentes baguettes et plus récemment l’antenne de Lecher (invention d’Ernst Lecher) qui aurait non seulement le pouvoir de tester (réception), mais aussi celui d’émettre. A noter que certains radiesthésistes n’utilisent aucun support pour effectuer des recherches. Le plus étonnant est que la radiesthésie remonterait non pas à plus de 3000 ans avant JC comme l’atteste un bas-relief retrouvé en Chine, mais à 4500 – 5000 ans, comme le prouvent les premières traces de son usage découvertes en Bretagne. La première description écrite date de 1556 dans l’ouvrage du savant Allemand Georgius Agricola sur les techniques minières.

 

Des questions en lien avec la radiesthésie (souvent restées sans réponse) s’imposent :
– Est-elle un mythe, un fantasme ou une réalité ?
– Doit-on considérer la sourcellerie (chercher de l’eau dans le sol), la géobiologie (étude de l’ensemble des influences de l’environnement sur le vivant), la radionique (ondes de forme)… comme des véritables sciences ou du pur charlatanisme ?
– La radiesthésie serait-elle l’art de voir l’invisible ?
– Est-ce le subconscient qui oriente le pendule ou la présence d’ondes de forme qui le dirigent ?
– Les protocoles expérimentaux scientifiques qui contrecarrent les affirmations des radiesthésistes sont-ils inadéquats ou inadaptés ?
– …

 

Si la science a choisi son camp depuis bien longtemps, le public n’est pas en adéquation avec les conclusions des experts scientifiques. Pour une grande majorité de défenseurs de la radiesthésie et de la géobiologie, de nombreux champs de rayonnement (Lignes Curry, Hartmann et Ley) ne seraient pas mesurables via des moyens modernes. Il est vrai que l’exemple du radon (gaz noble radioactif, incolore, inodore et d’origine le plus souvent naturelle), longtemps mis en avant par les amateurs du pendule et de la baguette universelle, ne fut confirmé que depuis peu par les scientifiques. Mais certains problèmes géométriques et de polarité infirmeraient les théories des sourciers et autres géobiologues. Parmi les « détracteurs » de la radiesthésie, une personne se pose la question suivante : « Avec de tels « puissants outils » à leur disposition, pourquoi ne s’en servent-il pas de façon vraiment utile au service de l’humanité, par exemple en détectant les milliers de mines anti-personnelles qui amputent encore de nos jours des centaines de personnes ?…Les baguettes en L, en Y, le pendule, le bobber (ou baguette universelle), l’antenne de lecher, le corps humain lui-même… peuvent-ils détecter les rayons E à l’heure ou la technologie de pointe très sensible est capable de mesurer l’activité du cerveau, les signaux des satellites géostationnaires dans l’univers, les fréquences radios des étoiles, le rayonnement fossile de l’univers… ? Ces rayons-E auraient déjà dû être détectés et mesurés depuis bien longtemps s’ils étaient réellement de nature électromagnétique. Pour certains signaux, venant des confins de notre système solaire, la puissance est de l’ordre de 20 watts (soit celle d’une ampoule). Nous serions donc capables de détecter un rayonnement éloigné de millions de kilomètres mais incapables de détecter celui des champs négatifs terrestres ? ». Il est vrai que ces arguments jettent une pierre dans le jardin des radiesthésistes. Et pourtant Charles Richet, prix Nobel de médecine et de physiologie déclarait en son temps « Nous devons accepter la radiesthésie comme un fait. Il est inutile de faire des expériences pour prouver son existence. Elle existe. Ce qu’il faut maintenant, c’est en développer les possibilités. »

 

La radiesthésie qui, on ne peut le nier, a des bases scientifiques, fut pratiquée par de très célèbres hommes de sciences tel l’inventeur de la bombe H atomique Française, le Pr Yves Rocard. Ce fervent défenseur de la radiesthésie a d’ailleurs écrit de nombreux ouvrages, véritables références sur le sujet. « Là où la technologie, c’est-à-dire la science appliquée, s’est avérée incapable de produire un instrument de mesurage valable, le Pr Walter Kunnen pense pouvoir apporter la preuve, contrôlable et donc scientifique, que l’être humain, moyennant une formation ad hoc, et à condition de disposer d’une antenne Lecher dûment étalonnée, est capable d’effectuer des mesurages parfaitement reproductibles, sans précédents dans le monde de la radiesthésie… ». Comme on peut le constater, le débat est ouvert entre les physiciens, les scientifiques (qui attendent les preuves de nouvelles lois fondamentales de la physique) versus les adeptes de la théorie du complot scientifique contre la radiesthésie ou la sourcellerie.

 

Du côté de la communauté scientifique, on avance que depuis des centaines d’années, aucune preuve tangible n’est venue conforter les dires des radiesthésistes malgré les tentatives officielles effectuées pour affirmer les conclusions des géobiologues -radiesthésistes. Et pourtant, des milliers d’exemples confirment les dires de ces derniers, notamment dans l’art de chercher de l’eau. Ces « Monsieur tout le monde », réputés dans le monde entier, sont loin d’être des fantasmes. Du Sahara à nos vertes campagnes, de la Chine à l’Argentine, tout le monde connait un sourcier armé d’un pendule ou d’une branche en bois de coudrier, capable de trouver de l’eau pour créer un puits. Pour certains, c’est le fruit du hasard, pour d’autres (tel le Professeur Rocard) c’est la preuve que « la baguette joue le rôle de simple détecteur d’un tremblement inconscient plus ou moins prononcé des mains et provoqué par une variation géophysique du champ magnétique terrestre ». D’ailleurs des sourciers auraient été utilisés par les différentes armées pendant la guerre de 14/18, dans le but de détecter des galeries, des caches et des mines (recherches publiées par Armand Viré Directeur de laboratoire au muséum d’histoire naturelle, Henri Mager et l’abbé Bouly).

 

Dans l’attente de preuves tangibles scientifiques, jamais ce proverbe Anglais n’aura « sonné » aussi juste. « Nul ne détient la vérité, même une horloge arrêtée a raison 2 fois par jour ».

 

 

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