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Le shinrin-Yoku ou la sylvothérapie

Le shinrin-Yoku ou la sylvothérapie

Appelée « shinrin-yoku »(douche de forêt) au Japon (archipel de 6 852 îles de plus de 100 m2), la sylvothérapie améliorerait notre santé au contact des arbres. Les différentes études scientifiques successives ont invité le gouvernement Nippon à s’intéresser très sérieusement à cette thérapie à tel point que le pays du soleil levant a fondé 62 sites de soins en forêt depuis plusieurs décennies.

Les vertus de la sylvothérapie sont connues depuis la nuit des temps par une grande quantité de religions des peuples dits « primitifs ». Des anciennes mythologies à la période la plus récente de l’histoire de l’humanité (la société celtique, les Amérindiens, le bouddhisme, le chamanisme, l’animisme, le néo-druidisme, les courants New Age, les arts martiaux énergétiques ou encore les rebouteux de nos campagnes…), les rapports de l’homme avec la nature (monde végétal, animal et minéral) reposent sur une communion intime, empreinte d’un réel respect de l’unité.
Mise à mal par une mutation technologique trop rapide, notre société redécouvre les bienfaits d’une simple balade en forêt, qui peut se révéler comme l’une des meilleures ordonnances naturelles pour lutter contre les agents stressants négatifs. Connue chez les anglo-saxons sous le nom de Tree Hugging ou « l’art de faire un câlin à un arbre », la pratique de la sylvothérapie est devenue un effet de mode populaire en France sous le nom de « médecine verte », parfois prescrite par le monde médical. Elle révèle surtout le besoin d’un retour urgent vers l’essentiel, à savoir renouer avec la nature dans sa plus grande simplicité, comme le soulignait un reportage dans le journal de 20 heures sur TF1.

 

Pourquoi la sylvothérapie est-elle bénéfique ?

Selon plusieurs études, le « shinrin-yoku » renforce (entre autres) le système immunitaire, régule la pression artérielle et réduit toutes les formes de stress et les risques de dépression… Certains scientifiques expliquent en partie les bienfaits du contact des arbres par les phytoncides (un ensemble de molécules excrétées dans l’air par les arbres et les forêts) qui joueraient un rôle de défenses (bactéricides, fongicides) et de communication (phytohormones) entre les arbres. On connaît dorénavant le rôle positif sur la santé humaine de ces molécules, qui, absorbées par la peau et les voies respiratoires, stimuleraient l’activité des lymphocytes NK. Suivant l’essence de l’arbre, les actions bienfaisantes sont diverses : Ainsi le hêtre serait relaxant, l’épicéa tonifiant, les saules anti-stress, les chênes apporteraient de la force, le tilleul de la chaleur, les pins maritimes et les eucalyptus seraient bénéfiques pour les poumons … Si les bienfaits sur la santé sont pris très au sérieux par le gouvernement japonais, les Chinois connaissent les vertus de la sylvothérapie depuis des siècles. Dans les parcs de l’empire du milieu, on peut admirer l’héritage du passé en observant les anciens se fondre dans l’énergie des arbres, enlacés ou adossés à leur tronc, pour mieux percevoir les odeurs, les bruit et les sensations du monde végétal. Pour les adeptes de la marche dans la forêt, des études Nippones ont « montré que le sang des personnes ayant marché dans les bois contient un taux de cortisol (l’hormone du stress) beaucoup plus bas que celui des personnes ayant couvert la même distance en ville. On constate également une diminution de la tension artérielle et du sucre dans le sang. Le bain de forêt peut durer 2 heures ou plusieurs jours ». Lors d’une étude expérimentale de l’université d’Hokkaido, on a observé

qu’une marche de 3 ou 6 km dans la forêt effectuée par des patients souffrant de diabète de type 2, réduisait la glycémie et le niveau d’hémoglobine glyquée.

 

Comment « faire » exactement pour profiter des bienfaits de la sylvothérapie ?

Vous avez plusieurs méthodes à votre disposition pour profiter des bienfaits du « shinrin- yoku », suivant votre « feeling » et vos capacités physiques. Si certains se promènent doucement pieds nus à pas feutrés sur des feuilles ou sur le sol de la forêt, d’autres préfèrent enlacer des arbres.
Comme le soulignent les druides, l’arbre « vous choisit ». Laissez-vous guider instinctivement pour « embrasser » votre arbre (sain, cela va de soi). Si vous préférez vous adosser contre son tronc, faites-le contre sa face nord, les pieds nus bien ancrés dans le sol et les paumes de vos mains posées sur l’écorce.
Attention, contrairement aux certitudes populaires, la mousse sur le tronc n’indique pas toujours le point de l’horizon ! Autre technique, celle que je préfère : Pendant 5 minutes, une main sur le sacrum (paume contre l’écorce), l’autre contre le plexus solaire, l’arrière de la tête reposée contre l’arbre (les pieds entre les racines), prenez une profonde respiration qui implique et sollicite les quatre diaphragmes.
Votre inspiration doit être égale à votre expiration dans la durée. Ensuite changez la position de vos mains afin de respecter la polarité du corps. Fixez votre esprit sur le présent, tous les sens en éveil, sans vous laisser distraire par des bruits parasites extérieurs. Tout en écoutant le chant du silence, ponctué par le frémissement des feuillages, « sentez » physiquement l’écorce et les métabolites secondaires appelés terpènes (composants majeurs de la résine et de l’essence de térébenthine) produits en particulier par les conifères et dont les vertus sont dynamisantes.
Pour celle ou celui qui choisit le « Tree Hugging », fermez les yeux et laissez l’arbre vous imprégner, le front posé sur l’écorce.

Sachez également que le bain de forêt (si prisé des Japonais) peut se transformer en une promenade méditative et relaxante qui mobilise tous nos sens. Avant de repartir, n’oubliez pas de remercier l’arbre. Un vieux conseil de druide vous encourage même d’uriner au pied d’un chêne si cet arbre vous a choisi ! D’autres méthodes existent. De nombreux ouvrages sont disponibles pour éclairer votre curiosité en lien avec les bains de forêt.

Les arbres sont nos meilleurs amis dans de nombreux domaines : Santé, psychologie, pratiques, spiritualité… Ils nous éclairent et nous réchauffent, nous nourrissent et nous protègent, nous aident à construire notre habitat, nos outils, nos bateaux et nos meubles… mais surtout ils sont une immense source d’inspiration.
A travers une promenade dans les bois, non seulement notre corps absorbe les huiles essentielles des arbres, mais il entre également en résonance avec des vibrations qui nous unissent avec l’essentiel et nous permettent d’accéder à la profondeur de ce qui nous anime. Si le shinrin-Yoku est une véritable pierre angulaire de la politique de médecine préventive au Japon, il se révèle être également un voyage intérieur bercé par la musique de la vie, une aventure personnelle dont l’ultime récompense est la rencontre avec soi. Frank Lloyd Wright avait raison quand il affirmait : « Je crois en Dieu, sauf que je l’appelle Nature ».

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