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La Théorie des 5 éléments

Empédocle, médecin grec de Sicile (à la fois ingénieur, thaumaturge et poète – 5èmesiècle av. J.-C) fut également un philosophe, qui toute sa vie entière, a tenté de comprendre le fondement du cosmos. Il s’est appuyé sur des principes en lien avec l’amitié (« une force d’unification et de cohésion qui fait tendre les choses vers l’unité ») et la haine (« une force de division et de destruction qui fait tendre les choses vers le multiple »). Ces principes engendrent les quatre éléments l’eau, la terre, le feu et l’air et leur combinaison détermine la santé, les caractères et les tempéraments. « Pour Empédocle, c’est le sang qui détermine la pensée, car c’est surtout dans le sang que se tempèrent réciproquement les divers éléments. Son enseignement religieux fait une grande place à la nécessité de la purification. Il croit en la transmigration des âmes et conçoit le cycle des existences comme une expiation »(Sources Wikipédia).

En Occident, Aristote ajouta un cinquième élément aux quatre éléments d’Empédocle : La quintessence ou l’éther. Mais selon la religion, la culture ou la philosophie d’un peuple, la théorie des éléments diffère. Ainsi on retrouve les éléments terre, eau, feu, vent – espace dans l’Hindouisme, les éléments terre, eau, feu, vent, espace, esprit dans le Bouddhisme (soit 6 éléments), que l’on retrouve d’ailleurs dans la culture traditionnelle japonaise (les cinq éléments issus du Bouddhisme qui constituent le Godai moins l’esprit), alors que les cultures Chinoise et Coréenne proposent les cinq éléments (les Wu Xing ou 5 phases) qui constituent un concept important de la cosmologie traditionnelle du pays de l’empire du milieu : Le métal (parfois traduit or), le bois, l’eau, le feu, la terre.Ces 5 phases représentent donc 5 mouvements qui régissent tous les phénomènes cosmiques et humains. Ces éléments sont les fondations d’un vaste système de classification et de correspondances. Unifié avec la notion de chi (énergie) et système Yin Yang et la notion de Qi, « ce système a eu un impact considérable sur toute l’histoire de la pensée chinoise ». Dans le petit traité Hong fan (considéré comme le plus ancien essai de la philosophie chinoise), il est écrit « qu’ilest dans la nature de l’eau d’humidifier et de couler vers le bas ; dans celle du feu de brûler et de s’élever dans les airs ; dans celle du bois d’être courbé et redressé ; dans celle du métal d’être ductile et d’accepter la forme qu’on lui donne ; dans celle de la terre de se prêter à la culture et à la moisson. L’eau qui humidifie et coule vers le bas devient salée ; le feu qui brûle et s’élève devient amer ; le bois courbé et redressé, devient acide ; le métal qui change de forme dans sa ductilité, devient âcre ; la terre, en étant cultivée, prend une saveur douce » (sources Anne Cheng « Histoire de la pensée chinoise » Seuil, 1997).

Cette notion des 5 éléments aurait été utilisée pour classifier en modules de cinq entités, une multitude de phénomènes différents, dans le but de mettre de l’ordre dans la création des chaînes de correspondances entre la nature et l’homme, le macrocosme et le microcosme, somme toute de se mettre au diapason avec les mécanismes naturels de l’univers. Ainsi, le métal fondu est devenu liquide (l’eau) qui arrose et fait pousser les arbres (Bois), qui peut être allumé et produit du feu, qui à son tour peut brûler les végétaux qui deviennent de la cendre (terre) qui contient des minéraux, source du métal.

A travers les multiples correspondances, la MTC (Médecine Chinoise Traditionnelle) est capable de « détecter » les déséquilibres affectant la santé d’un individu. Le Huangdi Nei Jing ou Classique interne de l’empereur Jaune, qui est le plus ancien ouvrage de médecine chinoise traditionnelle, a développé l’idée que différentes parties du corps sont en correspondance avec divers éléments de l’univers. Ainsi, on peut lire dans le chapitre 11 de ce livre que « l’homme est en union avec la voie céleste ; à l’intérieur du corps, il y a cinq viscères en correspondance avec les cinq sons, les cinq couleurs, les cinq époques, les cinq saveurs, les cinq positions».

En partant du principe que toute chose dans l’univers est le fruit d’un cycle de création et de destruction, le mode de classification des 5 éléments inclut tous les phénomènes naturels et humains. En étudiant les mouvements des 5 éléments depuis des siècles, l’homme a compris que l’harmonie ne peut exister qu’à travers un état d’équilibre universel, qu’il doit sans cesse réajuster et ce, dans tous les domaines (santé, sport, religieux, politique, médical, alimentaire, militaire, couleurs, construction, musique, sons…). Par exemple, depuis la dynastie Qin, les décideurs se sont reposés sur la théorie de ces 5 éléments pour légitimer leur règne et leur pouvoir. Plus étonnant, en prenant en considération ces 5 phases, les chinois ont pu vaincre avec succès les inondations !

Aujourd’hui, on utilise un tableau des correspondances qui permet de connaître les liaisons et les relations harmonieuses entre les éléments, quel que soit le domaine visé. D’Aristode à l’ère technologique, la notion de l’art du juste milieu fut une constante dans de nombreuses cultures. Chez nous, Blaise Pascal dans ses célèbres pensées (éditions Brunschvicg) l’a défini avec justesse en soulignant que « La nature nous a si bien mis au milieu que si nous changeons un côté de la balance, nous changeons aussi l’autre. Il y a des ressorts dans notre tête qui sont tellement disposés que qui touche l’un touche aussi le contraire…Qu’est-ce que l’homme dans la nature ? Un néant à l’égard de l’infini, un tout à l’égard du néant, un milieu entre rien et tout ».

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