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Succès du jeûne : Est-il vraiment bon pour la santé ?

Si les animaux le pratiquent faute de nourriture suffisante, le jeûne volontaire véritable phénomène « tendance » sociétal, séduit de plus en plus de personnes. Mais cette pratique est-elle vraiment bénéfique pour notre système immunitaire ? Quels sont les risques d’un jeûne sauvage sans aucune supervision médicale ? Les cures à la mode donnent-elles un vrai coup de fouet à l’organisme ? Doit-on privilégier le jeûne intermittent ? Aujourd’hui la science ne propose aucune recommandation valable faute d’études approfondies sur le sujet, notamment en lien avec les maladies inflammatoires. Pourtant la popularité du jeûne surfe sur une vague de certitudes, s’expliquant par une certaine « maîtrise » psychologique (pulsions, exaltation…). Bruno FALISSARD (professeur à la Faculté de médecine à l’Université Paris-Sud), souligne que le fait de jeûner « permet de reprendre un certain pouvoir. L’acte de manger n’est plus « animal » mais prend une connotation spirituelle : se nourrir se rapproche alors de pratiques comme le yoga où l’on contrôle son corps et sa respiration, et dans le cas du jeûne, jusqu’à son alimentation ». Alors le jeûne est-il bon ou mauvais pour la santé puisque non seulement on « supprime les apports en nutriments (protéines, glucides, lipides, vitamines et oligo-éléments), donc les apports caloriques, mais on arrête également certains processus cellulaires néfastes (comme lors d’une inflammation par exemple) » dixit le Dr Bruno RAYNARD (chef de l’unité transversale Diététique et Nutrition de Gustave ROUSSY). Le souci est que de nombreuses personnes se reposent sur des affirmations infondées et des publicités « ès régimes » parfois douteuses. Ces personnes n’hésitent plus un instant à commencer un jeûne dans le cadre d’un régime tout en occultant leur état de santé qui peut être aggravé en cas de diabète, d’anémie existante, d’hypotension…

Quant aux affirmations de guérisons des cancers, aucun élément scientifique est en passe de prouver l’utilisation du jeûne, même si certaines recherches contemporaines en cancérologie se révèlent prometteuses dans le domaine de la chimiothérapie. Jeûner demande des précautions en amont, pendant et en aval. Il faut des apports hydriques réguliers et bien garder en tête ce fil conducteur ; Bien s’hydrater (1,5 litres d’eau par jour en moyenne). S’appuyer sur les grandes traditions religieuses ne doit pas faire oublier pour autant que la période de restriction calorique n’est que partielle (moins de 24 heures). Toujours est-il, le jeûne pose des interrogations à l’instar des dernières recherches scientifiques Canadiennes qui préconisent un jeûne intermittent afin de gérer le diabète de type 2.

 

Le jeûne intermittent est-il le meilleur de tous les jeûnes ?

Jeûner 3 jours renouvellerait le système immunitaire dans son ensemble, une idée renforcée récemment par une équipe de chercheurs de l’université de Californie du Sud. Jeûner 5 jours par mois serait bon pour le coeur (réduction des risques cardiovasculaires) dixit des chercheurs américains (conclusions publiées dans la revue CELL faisant suite à une étude pilote sur les hommes). De nombreux chercheurs s’accordent pour dire que le jeûne peut être utile pour réduire certaines maladies « modernes » engendrées par la « mal bouffe ». Il serait également très utile pour réduire les « troubles récurrents de certaines maladies psychiatriques » sous surveillance générale évidemment. Les études présentées au Norris Cancer Hospital de Los Angelès par le Pr Valter LONGO, sont particulièrement
intéressantes (cancérologie et chimiothérapie), soulignant le caractère bénéfique du « jeûne partiel ». Néanmoins, ne jouez pas à l’apprenti sorcier car ce genre d’expérience exige un suivi médical par un professionnel de la santé, de préférence dans un centre spécialisé.

La pratique ancestrale du jeûne aurait donc de nombreux effets positifs sur l’organisme (fonctions cognitives, défenses immunitaires, régénération de la peau, perte de poids, diabète, dépression…). Mais la première recommandation est de suivre à la lettre l’une des 12 règles du cerveau du célèbre neuroscientifique John J. MEDINA (Docteur biologiste moléculaire du développement, consultant-chercheur et enseignant au Département de Génie biologique de la Faculté de Médecine à l’Université de Washington), à savoir celle de l’UNICITE. Ce qui est bon pour vous peut se révéler létal pour votre voisin et réciproquement. D’ailleurs le précepte Chinois le souligne : « 10 000 moines, 10 000 religions. » Même le jeûne intermittent (jeûnes courts mais réguliers) demande des précautions en amont avant de se lancer tête baissée sans un bilan de santé, surtout si vous êtes sous médicamentation. Chacun doit trouver la manière de jeûner qui lui correspond en accord avec son médecin traitant. Il serait de bon ton de commencer par le jeûne intermittent avant de passer à un jeûne de plus de 72 heures ou à celui du régime guerrier, popularisé par un spécialiste de la nutrition, Ori HOFMEKLER. Ancien membre des Forces spéciales israéliennes, il a étudié les réactions physiologiques du corps humain face aux agents stressants extrêmes (situations de survie lors d’opérations militaires). En croisant ses recherches avec les observations existantes sur les habitudes des guerriers ancestraux, il préconise la consommation des aliments à peine cuits et non transformés.

A l’heure du SIAL Paris, le plus grand salon alimentaire mondial qui voit émerger la mode des aliments fermentés (inspirés de la K-Food – nourriture coréenne), avant de vous lancer dans l’aventure du jeûne, efforcez-vous d’abord à manger sainement une nourriture de qualité. L’avenir sera-t-il à l’heure des jeûnes pour mieux prévenir et/ou guérir les maux de l’homme moderne ? Certainement…Toujours est-il, les spécialités médicales gagneraient à s’ouvrir à la thérapie par le jeûne à l’heure de la sucette lyophilisée, du chewing-gum à l’or fin, du thé au collagène et de la mal bouffe, une calamité sociétale qui se conjugue avec le mal être chez les jeunes.

 

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